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GOMA AUX MAINS DES ENVAHISSEURS TUTSI RWANDAIS?
Selon une source militaire congolaise au Nord Kivu, deux mots reviennent sans cesse dans la bouche des militaires FARDC déployés sur le terrain : "Haute trahison". Des officiers et soldats suspectent "Joseph Kabila" de jouer un "double-jeu". Comme pour étayer sa thèse, la source raconte : "Samedi, des colonnes motorisées en provenance du Rwanda sont entrées sur le territoire congolais. Les hélicoptères des FARDC ont détruit plusieurs véhicules faisant plusieurs morts.
Etrangement, un ordre mystérieux est tombé ordonnant aux hélicos ainsi qu’aux troupes au sol de se replier". Selon cette source, tous les hélicoptères se trouveraient actuellement à Bukavu. "Les militaires sont en colère. Ils se disent avoir été trahis par le commandant suprême des FARDC", conclut-elle. On apprenait aux environs de 14 heures que l’aéroport de Goma serait entre les mains des combattants du M23. Et que les autorités civiles et militaires auraient quitté la ville.
Selon une source proche du M23 qui a contacté la rédaction de Congo Indépendant dans la matinée de ce dimanche 18, les forces rebelles auraient encerclé Goma. "Nos militaires sont déjà dans la ville, a-t-il déclaré. Pour éviter un bain de sang, ils ont laissé un passage aux soldats des FARDC pour qu’ils sortent de la ville. Nos cadres politiques vont tenir une réunion dans les heures qui suivent avant de faire leur entrée lundi à Goma".
A en croire la même source, "Joseph Kabila" aurait demandé samedi au président ougandais Yoweri Museveni d’initier "toutes affaires cessantes" des "négociations" entre le gouvernement de Kinshasa et le M23. Il aurait entrepris une démarche similaire auprès de la rébellion. "Joseph Kabila, assure-t-elle, a contacté le colonel Sultani Makenga lui disant qu’il était prêt à répondre faborablement aux exigences du M-23.
Makenga lui a demandé de lui rappeler plus tard. Kabila a dit à Makenga qu’il était prêt à donner au M23 tout ce qu’il demande". Les mises en garde du Conseil de sécurité? "C’est de la distraction", a fulminé notre interlocuteur. On apprend enfin que toutes les communications du M23, via l’opérateur téléphonique Zain, ont été interrompues dimanche matin.
Selon diverses sources, la Mission de l’Onu au Congo (Monusco) a invité les membres de son personnel présents dans le chef-lieu du Nord Kivu à quitter, sans délai, leurs lieux de résidence à travers la ville de Goma pour rejoindre le Quartier général de la Monusco. Si cette information était confirmée, on assiste donc à une détérioration de la situation militaire.
Depuis jeudi 15 novembre, les combats ont repris entre les forces gouvernementales congolaises (FARDC) et les rebelles du M-23. Manifestement, les "pressions" exercées par la "communauté internationale" sur le M23 et son Etat-protecteur le Rwanda de Paul Kagame tardent à produire un effet dissuasif.
Dans une dépêche datée du vendredi 16 novembre, l’Agence congolaise de presse (ACP) rapporte que les positions des FARDC à Kibumba, localité située à 25 kilomètres de Goma, "ont été attaquées" la veille. Les rebelles auraient tenté de contourner Kibumba. Sans succès.
Citant le colonel Olivier Amuli, porte-parole à la 8ème Région militaire, l’ACP note que "la situation était sous contrôle et que les forces régulières se comportent bien sur le champ de bataille. Il a appelé la population au calme et aux apaisements".
Selon d’autres sources à Goma, depuis vendredi 16 novembre, les FARDC feraient preuve de peu d’ardeur au combat. "Les militaires FARDC sont démotivés. C’est ainsi que la Monusco a décidé de regrouper son personnel dans son QG", explique une source locale. Ajoutant : "Les soldats onusiens refusent de faire le coup de feu en lieu et place de l’armée congolaise. Vendredi, les FARDC ont reçu un ordre mystérieux d’arrêter les combats et de se replier alors qu’elles avaient le vent en poupe face aux mutins du M-23. Cet ordre a sapé le moral des troupes". L’ordre venait d’où? Mystère. D’aucuns suspectent "Joseph Kabila". En personne. Et pour cause? L’homme gère les questions sécuritaires et militaires dans une opacité totale. Le chef d’état-major général de l’armée n’est qu’un paravent.
Des informations difficiles à vérifier laissaient entendre samedi 17 que des femmes des militaires déployés sur le terrain auraient manifesté "leur colère" dans la ville de Goma. Elles demandaient à leurs époux de cesser les combats. Au motif que les gouvernants de Kinshasa les utilisent comme de la "chair à canon" dans une "drôle de guerre". En tous cas, le silence de "Joseph Kabila" autant que son allergie à citer le nom de ceux qui agressent le Congo suscitent le trouble dans les esprits tant à Kinshasa qu’à Goma. Il en est de même du maintien des "relations diplomatiques normales" en dépit de l’évidence.
Aux dernières nouvelles, des officiels, relayés par les médias proches du pouvoir kabiliste, font état de 150 tués dans les rangs du M23. La ville de Goma n’est pas encore tombée aux mains des assaillants. "Elle est gravement menacée", commente une source onusienne qui a requis l’anonymat. Il semble que des individus se faisant passer pour des membres du M23 auraient contacté des "amis" au téléphone en leur disant : "Nous prendons notre petit-déjeuner dimanche 18 novembre à Goma". Forfanterie? En attendant, la situation paraît confuse.
Article mis à jour dimanche 18.11.2012
B.A.W
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