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TOGO: Communiqué

Publié le par Le Togolais Révolté

TOGO: Communiqué

TOGO: Communiqué

Non à l’impunité: les assassins d’Etienne YAKANOU
doivent être arrêtés, jugés et châtiés !

C’est avec colère et indignation que le Parti des travailleurs a été informé qu’Etienne YAKANOU, membre de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), président de sa sous-section Avé-Maria et membre de son bureau fédéral de la Préfecture du Golfe, arbitrairement arrêté et détenu comme nombre de militants du Collectif « SAUVONS LE TOGO » (CST) depuis quatre mois à la Gendarmerie nationale, dans le cadre de l’affaire des incendies de marchés, est décédé, le jeudi 16 mai 2013, lors de son évacuation de la Gendarmerie au CHU de Lomé Tokoin.

Pour le Parti des travailleurs, il faut être clair: il s’agit d’un odieux assassinat qui se situe dans une tradition d’impunité…

Après avoir subi d’affreuses tortures et autres traitements cruels, inhumains et dégradants, Etienne YAKANOU, gravement malade avait demandé, sans succès, son transfert en milieu hospitalier afin d’y recevoir des soins appropriés. Ce ne fut qu’alors que, sur l’insistance pressante de son épouse, ses geôliers commencèrent à s’apercevoir qu’il était mourant qu’ils se résolurent à le transférer au moment où il était déjà trop tard… En effet, Etienne YAKANOU devait rendre l’âme en chemin avant même son arrivée au CHU-Tokoin.
L’assassinat d’Etienne YAKANOU est d’autant plus inacceptable et choquant qu’il est totalement innocent des charges pour lesquelles il était détenu à tort dans le cadre de cette rocambolesque vague d’arrestations arbitraires qui a frappé des militants de l’ANC, du FRAC et du Collectif « Sauvons le Togo » dans l’affaire de ces incendies de marchés de Kara, de Lomé et d’autres villes de l’intérieur du Togo. Cyniquement planifiées pour accuser à tort, embastiller et décapiter l’opposition togolaise, ses militants et responsables, ces incendies ne sont rien d’autre que des machinations délibérément orchestrés par le régime UNIR/RPT comme le Parti des travailleurs a eu à le révéler par sa déclaration du 29 janvier 2013.
Le Parti des travailleurs, qui dénonce et condamne cet assassinat avec la plus grande vigueur, tient à présenter toutes ses condoléances à la famille d’Etienne YAKANOU et l’assure qu’il se battra de toutes ses forces pour que toute la lumière soit faite à son sujet.
C’est pourquoi, disant : « Non, à l’impunité ! », il exige :
1°) la constitution d’une Commission d’enquête indépendante pour faire toute la lumière sur cet assassinat ;
2°) la réalisation d’une autopsie sur le corps d’Etienne YAKANOU aux fins de confirmer la cause exacte de son décès ;
3°) l’arrestation, le jugement et le châtiment avec la plus grande rigueur de tous les auteurs et commanditaires de cet assassinat ;
4°) la libération inconditionnelle et immédiate de tous les militants arbitrairement arrêtés.
Le Parti des travailleurs constate que l’assassinat d’Etienne YAKANOU s’inscrit dans cette tradition d’impunité qui marque le régime du clan des GNASSINGBE et survient quelques semaines après la répression sanglante de la manifestation pacifique des jeunes scolaires à Dapaong.
En effet, comment ne pas relier l’assassinat d’Etienne YAKANOU à l’assassinat d’Alexandre Guyano SINANDARE et Sinanlengue DOUTI, le 15 avril 2013 à Dapaong lors de la marche spontanée des élèves exigeant du gouvernement la satisfaction des revendications de leurs enseignants pour qu’ils puissent reprendre les cours afin de terminer les programmes avant les examens de fin d’année scolaire.
Force est donc de constater que tous ces assassinats, qui s’inscrivent dans une tradition d’impunité d’assassinats politiques perpétrés depuis 50 ans par le régime du clan des GNASSINGBE, surviennent tout particulièrement ces derniers temps à l’occasion ou comme conséquence de manifestations de revendications démocratiques des populations togolaises s’insurgeant contre la négation de leur aspiration à la satisfaction de leurs justes revendications sociales, de liberté et de démocratie. C’est ainsi que :
— en décembre 2011 à Kara, dans le nord du Togo pourtant présenté jusque-là comme un fief du régime RPT, alors que la grève qu’ils avaient déclenchée pour la satisfaction de leurs justes revendications était l’objet d’une nième répression, les étudiants se sont spontanément insurgés contre toutes les institutions représentant le régime dictatorial et pris le contrôle de la ville pendant plusieurs jours ;
— mi-avril 2013 à Dapaong, dans le nord du Togo pourtant présenté jusque-là comme un fief du régime RPT, les élèves de cette préfecture, à l’instar de leurs camarades mobilisés sur toute l’étendue du territoire national, exigeaient la satisfaction des revendications de leurs enseignants en grève, Ce fut alors que la répression sanglante de la mobilisation pacifique de ces jeunes scolaires les a spontanément poussés à l’insurrection contre toutes les institutions du pouvoir qu’ils ont saccagées : commissariat de police, préfecture, mairie, véhicules administratifs notamment ceux de l’armée appelée en renfort, etc. ;
— le 11 mai 2013 à Niamtougou, dans le nord du Togo pourtant présenté jusque-là comme un fief du régime RPT, l'arrestation arbitraire et la déportation à la prison civile de Kara du professeur de philosophie, Epiphane TADONA dit « Djandjawid », a conduit la population en colère à s’insurger spontanément contre toutes les institutions représentant le régime dictatorial, démolissant le commissariat de police et prenant le contrôle de la ville jusqu’à la libération de l’enseignant arbitrairement arrêté et emprisonné.
Le Partis des travailleurs constate que ces explosions spontanées à caractère insurrectionnel, expression d’une résistance populaire croissante et ininterrompue singulièrement depuis trois ans, ont été nourries par l’exaspération et le ras-le-bol du peuple togolais face à la dérive répressive aveugle et systématique dans laquelle s’enfonce le régime dictatorial de Faure Essozimna GNASSINGBE. Et tout indique que cette résistance ne fera que se poursuivre…

Alors que le Togo est à la croisée des chemins,
il faut constituer, partout, des « Comités d’action pour la démocratie » !

Dans cette situation où le Togo est à la croisée des chemins, la question que soulève de façon brûlante et déterminée le peuple togolais est : « Quelle issue ? »
Le Parti des travailleurs estime, pour sa part, que le peuple togolais a le devoir de s’organiser encore plus efficacement pour en finir avec ce régime dictatorial qui assassine impunément des citoyens innocents. C’est pourquoi il propose à tous les citoyens togolais : travailleurs, jeunes, paysans non organisés, militants des organisations qui se réclament de la démocratie (associations, syndicats, partis) de constituer, dans les quartiers, villes, villages et localités, des « Comités d’action pour la démocratie ».
A travers la constitution de ces comités, le peuple togolais doit se donner les moyens de contrôler son propre mouvement en s’organisant plus efficacement pour fusionner et conduire à la victoire les révoltes qui surgissent d’une ville à l’autre pour en finir avec ce régime dictatorial qui opprime et assassine impunément les Togolais depuis 50 ans.
La première tâche de tels comités doit consister à agir pour mobiliser largement le peuple togolais afin qu’il participe encore plus massivement à toutes les manifestations qui vont s’organiser dans la prochaine période contre l’arbitraire et les assassinats du régime UNIR/RPT.
A cet effet, informé de l’appel lancé par l’Alliance nationale pour le changement (ANC), le Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC), le Collectif « SAUVONS LE TOGO » (CST), la Coalition ARC-EN-CIEL (AEC), pour une grande marche de protestation contre l’assassinat d’Etienne YAKANOU, ce samedi 18 mai 2013, le Parti des travailleurs appelle tous les citoyens à y participer massivement ainsi qu’à toutes celles qui seront ultérieurement organisées pour exiger :
• Justice pour Etienne YAKANOU !
• Commission d’enquête indépendante pour faire toute la lumière sur son assassinat !
• Non à l’impunité : arrestation, jugement et châtiment de tous les auteurs et commanditaires de l’assassinat d’Etienne YAKANOU !
• Libération inconditionnelle et immédiate de tous les militants emprisonnés !

A bas le régime dictatorial de Faure Essozimna GNASSINGBE !

Lomé, le 16 mai 2013,
Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination



Claude AMEGANVI

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